Shahram Entekhabi
Islamic Vogue, Play Boy, Him & Her, Posters, installation, 2001-2006
Artiste iranien d'origine, exilé à Berlin depuis 25 ans, Shahram Entekhabi voile, depuis 2001, les visages et les corps des femmes des magazines de mode, miniatures persanes, affiches de films... Un voile noir, pour sensibiliser le spectateur occidental au tchador, omniprésent dans la vie quotidienne iranienne. Non sans ironie, Entekhabi fait ici référence à la pratique courante des leaders religieux qui censurèrent livres et magazines en voilant les images représentant des corps féminins durant la révolution islamique. Après la révolution, la censure de toute image féminine "dé-voilée" devint systématique. Dans les livres et les magazines, les librairies, bibliothèques et universités du pays, chaque image d'une femme non voilée fut découpée, décapitée en quelque sorte, ou recouverte d'encre ou de peinture noire, afin qu'elle soit conforme à la seule esthétique autorisée. Dans les séries intitulées Islamic Vogue et Play Boy, Shahram Entekhabi a concé en 2001 à jouer lui aussi la carte de la censure. Ironie suprême d'un artiste lui-même censeur, qui choisit de voiler, de cacher avec un acrylique marqueur noir chaque corps, chaque visage, chaque image-visage de chaque star, top modèle, mannequin féminin qu'il trouve aussi bien dans les magazines de mode type Vogue ou Elle, que sur les posters de pub H&M ou encore sur un jeu de cartes de Play Boy. Deux cultures entrent en collision dans le travail de Shahram Entekhabi qui dénonce la soumission au port du voile tout en critiquant le caractère hégémonique de l'idéal de beauté occidental.
