maja bajevic
Double Bubble, vidéo, 2001
L'intime, la perte du foyer, le quotidien sont les thèmes qui soustendent les performances, installations, photos et vidéos de Maja Bajevic. Du particulier au général, du local au global, ses histoires sont empreintes d'une sensibilité qui se veut universelle, même si elle l'exprime à partir de son expérience propre marquée par le souvenir de la guerre et de la perte des repères. Un travail politique qui se nourrit des petites choses de la vie privée. Dans la vidéo Double Bubble, dans la pénombre d'un hall, d'un porche, d'une cage d'escalier, Bajevic psalmodie une série de confidences en forme d'oxymores : "I go to church...I rape women..." (Je vais à l'église... Je viole des femmes...), "My wife wears a Tchador, I make her wear it... Then I go to see prostitutes..." (Ma femme porte le techador, je l'oblige à le porter. Ensuite je vais voir les prostituées...). La forme épurée de la vidéo souligne la brutalité des mots, la violence banale d'une confession qui révèle l'hypocrisie de certaines pratiques religieuses. Cette œuvre mêle l'intime et le politique en évoquant le fanatisme qui sommeille peut-être en chacun de nous.
