Klaudia Stoll & Jacqueline Wachall
Private Collection, installation, vidéo, 2004
Stoll & Wachall travaillent sur le dialogue entre le corps réel et les prothèses technologiques. Cette collection privée, qui se présente comme un tryptique d'écrans plats, comme un retable contemporain, comme une galerie de portraits d'une beauté aussi austère qu'ambigüe, appréhende le genre du portrait selon des techniques nouvelles. Semblables à des icônes, d'élégantes figures féminines apparaissent sur fond monochrome, blanc, comme les revenantes d'une belle époque de l'histoire de l'art. Elles sont donc à première vue très Renaissance, un brin datées, un rien typiques du style flamand dit primitif. Classiques, portant la coiffe voire le voile comme jadis, revenantes mais mutantes parce qu'elles ne sont pas mises en scène avec leurs attributs traditionnels, miroirs, bijoux, tec... censés nous renseigner sur le statut social de la personne protraiturée, mais avec des objets fétiches, signes ostensibles d'une modernité censée nous renseigner sur le devenir standard, uniforme, semblable de l'individu : téléphone portable, arme ou webcam. Ponctué sur fond noir de quelques mots qui disent les états émotionnels de l'être humain - invisible, confusion, anonyme, surface, derrière... - Private Collection interroge les relations et le rôle de l'individu dans la société de l'information.
