Françoise Petrovitch
Sans nom, installation, 2005
Françoise Petrovitch cherche à saisir la relation du corps au poids du monde.Quels que soient les personnages qu'elle convoque de manière serielle, adolescents, supporters, couples, femmes afghanes, ils sont sans visage. Signe qu'ils représentent plus qu'eux-même et que ce sont, peut-être, mine de rien, des proches ou des voisins. S'agissant le l'installation Sans nom, le titre suggère une forme d'anonymat. Pratiquement identiques, fragiles c"ramiques, à première vue nées d'un seul et même moule, plusieurs dizaines de figurines de femmes a priori afghanes, vêtues d'une burka uniformément bleue, posées sans socle sur le sol, constituent une foule anonyme et muette, un corps social, pluriel, une statuaire qui parle sans paroles, sans discours, du statut et de la liberté des femmes musulmanes... En les regardant bien, une à une, de plus près, on devine qu'elles sont finalement toutes différentes, mais qu'elles font en même temps penser à une étrange collection de phallus. Histoire de bien nous faire comprendre qui leur impose le port de cette burka bleue ?
