christophe cuzin






Christophe Cuzin

légers décalages, 2005

Depuis 1986, toutes les interventions picturales signées Cuzin - tableaux, murs, façades, vitraux, trottoirs… -- répondent à un ensemble de contraintes formelles. Un protocole technique et esthétique qui arrête le choix des matériaux (peinture acrylique industrielle) en même temps que les modes d'intervention in situ. Qu'il s'applique à la surface du tableau ou à l'espace même du lieu d'exposition, lieu dont il va modifier certains paramètres avec le vocabulaire plastique minimal qui est le sien, ce parti pris d'objectivation induit plus qu'un écart à l'égard des composants traditionnels de la pratique picturale (expression de l'intériorité, exaltation des qualités propres au médium) : il va jusqu'à les nier. Pour Cuzin, la peinture est avant tout affaire de dessin, c'est-à-dire d'inscription dans un espace, et de couleur, c'est-à-dire de transcription et de création de la lumière. Chaque fois, c'est en fonction des caractéristiques du site que Cuzin intervient pour le re-mettre en scène et le ré-interpréter de manière légèrement décalée, intérieurement ou extérieurement, pour une durée éphémère ou pérenne. Pour inaugurer la nouvelle véranda de la Villa du Parc, il a choisi de dé-ranger l'orthogonalité tranquille de l'architecture en lui superposant un ensemble de tracés obliques et monochromes. Un rouge volontairement pompier, au sens sapeur du terme.

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