la perception d'une tension
Avide de simplicité, plus soucieux des effets immédiats que d’interrogations sans fin, constamment en deçà d’une dimension critique (trop souvent devenue il est vrai prétexte à l’énoncé complaisant de nouveaux commentaires plutôt qu’outil d’élucidation et de prise de conscience), le travail de Joumard sait parfaitement, selon Xavier Douroux, qu’il doit « à tout instant refuser de laisser dire qu’il interroge l’électricité ou la communication, ne pas laisser penser qu’il joue avec la problématique des réseaux et des connexions. Il en va de sa véritable identité, car il a les moyens de se poser en vecteur de contemplation moderne, l’expression d’une forme d’inactivité, mais aussi la revendication de l’état artistique comme extrême centre : pas la distance objective de la photographie empruntée aux émules des Becher, mais la concentration d’une veille. Et quand il use du potentiel paradoxal lié aux phénomènes d’enregistrement de la réalité par l’image, des contradictions de l’environnement de certains pays développés, de l’instabilité ou de l’intermittence de quelques situations d’objets comme matériaux, cela n’a jamais valeur de test. D’emblée la mise entre parenthèses existe. C’est elle qui légitime la surcharge esthétisante comme chez Kusama ou Lily van der Stokker pour prendre deux exemples distincts dans le temps et en apparence (mais en apparence seulement) fort peu assimilables aux artefacts puristes dessinés par Joumard au chœur de notre époque… »
