anne-julie raccoursier
effaroucheur, vidéo, 8'30'', 2005
L'effaroucheur est un étrange appareil accoustique qui sert à éloigner les oiseaux de toute sorte en émettant un continuum de sons électriques. Insupportable mélopé a priori pour l'ouïe des volatiles, ce méchant chant de sirènes, ce numérique hurlement lancinant est notamment utilisé aux abords des aéroports, afin de tenir les oiseaux, éloignés des réacteurs des avions et des pistes d'aterrissage. Cela étant, dans la vidéo effaroucheur d'Anne-Julie Raccoursier, jeune artiste émergente de la scène helvète, le spectateur ne verra ni sirènes ni oiseaux, ni avions ni aéroports. Tout ceci constitue le hors champ de cette œuvre en même temps construite à la manière de John Cage (côté son) et de Marcel Duchamp (côté collage). Anne-Julie Raccoursier a choisi de coller en effet la bande son de cet Effaroucheur hors contexte, sur des images de constructions vides et muettes, de bois et de béton, de chalets collectifs déjà-là dans le massif alpin. Des images qui rappellent des bunkers, des friches industrielles, des villes fantômes, des banlieues désertées... Les ultra-sons de Effaroucheur qui "accompagnent" les images fixes de cette cité inanimée, gelée, comme une roue de bicyclette "accompagne" un tabouret chez Duchamp, comme des bruits ambiants "accompagnent" un silence chez John Cage, donnent à ce film un timbre, une ambiance très under control.
