philippe cazal
ni vrai ni faux, adhésif, 2006
monologue, adhésif, 2006
le monde, etc., tirages numériques, 2006
Après Christophe Cuzin et Valentin Stefanoff, Philippe Cazal signe une nouvelle "mise en page" de la véranda, sachant que celui-ci emprunte à l'art conceptuel le style épuré de ses statements et à l'esthétique des médias ses choix typographiques et chromatiques.
Issus aussi bien de la presse écrite (Le Monde, etc.) que du vocabulaire publicitaire ou des slogans politiques (NI VRAI NI FAUX), les mots et associations de mots sont le matériau de prédilection de Philippe Cazal. Il les collecte dans le flux continu des sémiotiques et sémantiques productions de la société de l'information. Quelle que soit la manière dont il les met ensuite en page, isolément (MONOLOGUE) ou sous forme de "courts lettrages" (Le Monde, etc.), il s'applique toujours à les détourner de leur usage habituel, de leur sens usuel, de leur signification et de leur consommation courantes. Quelle que soit la forme de présentation in fine adoptée par l'artiste pour présenter ses travaux - posters, affiches, adhésifs, photos, objets, néons... -, le lecteur est tout simplement renvoyé aux origines mêmes de l'écriture, lorsque pour séparer les mots, sujets, verbes et compléments, il n'y avait encore ni espace ni ponctuation ; lorsque le savoir lire et le savoir écrire était encore l'apanage d'une érudite minorité... Cazal puise volontairement dans le continuum linguistique et fonctionnel du langage déjà-là - manchettes de journaux, lieux communs, expressions toutes faites, slogans et autres messages publicitaires - pour leur donner sinon leur redonner, via des protocoles de décomposition typographiques et chromatiques étrangement familiers le poids sémantique et symbolique qu'ils avaient sensiblement perdus.
