la ribot
La Ribot est généralement classée dans la catégorie danse contemporaine, mais son travail concerne autant les arts visuels et la performance que la chorégraphie. La lettre et l'esprit de Dada, de Fluxus et ou du Body Art, sont manifestes dans la plupart des saynètes de la série "Pièces distinguées", courts tableaux vivants qu'elle signe en solo. Mettant en jeu son propre corps, généralement nu, La Ribot envisage ce dernier non plus comme l'instrument d'une exploration du mouvement, ni comme l'expression d'un Sujet ou d'un sujet, mais comme une surface sur laquelle viennent s'inscrire des actions des matières des couleurs. Ce corps, qu'elle filme parfois à bout portant, a ici un statut d'objet, d'élément visuel que l'on place et déplace pour créer une composition, une sorte de "bloc" de présent : "Si je suis à l'arrêt, dit-elle, je me rapproche de l'exposition, et le spectateur doit tout faire".
Pour cette première exposition personnelle dans un centre d'art, La Ribot (re)présente une série d'œuvres issues de performances historiques comme "Travelling" (2002) ou "Despliegue" (2001), des vidéos ("Another pa am tomaquet", 2001; "Juanita Pelotari", 2001) et une nouvelle installation "Laughing Hole", issue de sa performance réalisée dans le cadre de Art Unlimited à Art BAsel 2006.
Dans "Laughing Hole", des panneaux de carton arborant des phrases étranges tapissent le sol et les murs de l'espace d'exposition : You are Anonymous, Kill Me, Lost Guantanamo, Romans Go Home, Alien Occupation, Terro Sold, Impotent Mum... Tandis qu'une bande son libère des éclats de rire féminins se propageant comme un virus et qu'une vidéo muette dévoile les chutes de l'artiste portant à bout de bras le poids des mots écrits sur les pancartes. La Ribot convoque ici l'un de ses thèmes favoris, celui du passage de la station debout à la station couchée. Un passage qui remet en question bien des codes et usages à l'œuvre dans le champ de la danse et du spectacle vivant.
