barbara mühelfluh
luna park, sculpture, 2006
L'univers de Barbara Mühlefluh est marqué par sa fascination pour les mass-médias et la culture de masse. Sur des matériaux de récupération - cartons, emballages, tôles ondulées, sacs plastiques, bâches, journaux,... - elle colle, tague ou imprime des noms de héros (Zorro), des titres de films (Tequila Sun Rises), de laconiques énoncés qui se résument à ce que ses yeux voient (Un trou de cigarette dans le siège du taxi) ou devinent (Nous ne serons jamais heureux). Des mots et associations de mots étrangement familiers (Silence). Des mots qui font office d'images qu'elle monte en mode cut-up et qu'elle présente en mode short-cut. On est plus près ici d'une écriture à la William S. Burroughs que des statements de Laurence Weiner ou des sentencies de Jenny Holzer.
Depuis 2000, avec ou sans mots-matériaux, le travail de Barbara Mühlefluh s'est orienté vers la construction d'environnements. Dans "Steg / Path" (2001), imprimées à même le sol, des flaques de textes sont traversées par un ponton tandis que "Wonderland 1" (2001) présente un paysage monochrome noir de cratères réalisés à l'aide de sacs poubelles. Dans "Game Over" (2004), un war game miniature le regard ne fait plus la différence entre voitures, tanks et avions en carton.
"Luna Park" (2006), son dernier travail, qui sera installé pour la première fois à la Villa du Parc, est une sculpture à base de mots, des mots qui remplissent les pages des magazines d'art à partir desquels elle construit une architecture foraine en forme de "montagnes russes". Avec des hauts et des bas, des buzz et des hypes, comme dans une carrière d'artiste, justement tributaire des mots que choisiront d'utiliser les médias spécialisés pour faire ou défaire cette dernière. Une construction par conséquent fragile, un processus sans commencement ni fin.
