véronique joumard
sans titre, installation, 1990-2010
Le travail de Véronique Joumard s'inscrit dans la filiation de l'art dit "minimal" et "conceptuel". Même si cela vaut moins pour l'emploi d'un répertoire de formes empruntées au premier et à l'utilisation de procédures propres au second que pour l'invitation faite au spectateur d’expérimenter physiquement un espace ou de s'interroger sur les conditions d'apparition d'une image. Parmi les éléments essentiels de ce cadre, il faut compter la lumière. Le travail de Véronique Joumard intègre quant à lui la modification substantielle survenue dans la production de la lumière au siècle dernier. La lumière du XXème siècle n'est plus une lumière naturelle. Elle est produite industriellement. Joumard met ainsi en évidence sa circulation, les éléments permettant son apparition, ampoules, câbles ou encore prises et multiprises de courant... Avide de simplicité, plus soucieux des effets immédiats que d'interrogations sans fin, constamment en-deça d'une dimension critique (trop souvent devenue il est vrai prétexte à l'énoncé complaisant de nouveaux commentaires plutôt qu'outil d'élucidation et de prise de conscience), le travail de Joumard sait parfaitement, selon Xavier Douroux, qu'il doit "à tout instant refuser de laisser dire qu'il interroge l'électricité ou la communication, ne pas laisser penser qu'il joue avec la problématique des réseaux et des connexions. “Même s'il y a dans l'installation ici proposée quantité de multiprises et rallonges électriques, qui sont comme des lignes descendues des murs, ou plutôt des lignes tirées du mur jusqu'au sol, dans l'espace physique du regardeur.
