nicole hassler
vie de vernis, installation, 2010
Connue pour ses séries de monochromes sur des supports type nids d'abeilles avec des vernis à ongles, Nicole Hassler ne s'était pas encore posé la question du (re)traitement des flacons de vernis une fois vides mais toujours plus ou moins habités par la couleur qui était la leur. Elle a choisi de réparer cet oubli en présentant une pièce d'une étonnante beauté, dont l'intelligence tient entre autres choses à l'art et la manière avec lesquels cette pop-artiste esquisse des relations d'équivalence entre les contenants (le flacon… ou tout autre emballage genre parfum Air de Paris chez Duchamp ou boîte de Brillo chez Warhol) et les contenus (le vernis… ou tout autre produit type peinture, comme l’huile de vidange chez BP). En conservant son affinité avec la monochromie et le minimalisme, Hassler a changé radicalement son nuancier et n'utilise plus aujourd’hui que des matériaux provenant de l'industrie cosmétique. Cosmétique et produits de beauté donc. Le mot cosmétique vient du grec "cosmos" qui signifie non seulement "univers" mais encore "ordre" et "parure". Hassler a commencé par appliquer un fond de teint mélangé aux résines de silicone ou d'alkyde sur un support en fibre de verre alvéolée. Parallèlement on assiste aux premiers travaux utilisant du vernis à ongle, audacieux et colorés, 10 cm x 5 cm sur un support d'environ 3 cm d'épaisseur. Plus objet que tableau. L'art en format de poche. Une gamme de couleurs quasiment illimitée. Des vernis mats et brillants, fluorescents, avec paillettes ou nacrés.
