jimmie durham
humanity is not a completed project, poster, 2008-2010
the fountain of the two birds, installation, 1997
Sculpteur, essayiste, poète, ex-représentant des Indiens d'Amérique à l'ONU, cet alerte septuagénaire cherokee fit ses études à l'Ecole des Beaux-Arts… de Genève, avant d'entamer la turbulente carrière d'artiste coté que l'on sait, avec une démarche fondée sur la libération métaphorique des pierres, des stones, en tant que matériau souvent sinon en permanence synonyme de monumentalité, stabilité, éternité. On appréciera donc particulièrement toute la sagesse de l'énoncé ici postérisé, histoire de faire un pied-de-nez à la postérité… Durham explore donc les relations entre le moderne et l'archaïque, l'individu et la communauté, le visible et l'invisible, avec un mélange d'humour et de gravité. Les assemblages qu'il réalise aujourd'hui sont conçus avec des matériaux trouvés qui ne sont pas forcément marqués par une origine précise. Il utilise souvent, comme on le voit dans The Fountain of the Two Birds, des tuyaux en PVC qui évoquent pour lui la symbolique de l'évacuation, du transport des résidus de la civilisation vers des destinations inconnues et invisibles ; le tuyau est en outre la métaphore de l'enfouissement des souvenirs. Durham invente un langage qui ouvre à de nouvelles réalités, de nouvelles formes de pensée : "J'aime les objets et les matériaux ; c'est un bonheur constant de voir à quel point les objets dissemblables sont prêts à dialoguer entre eux. Une bouteille de whisky cassée et un crâne de chien réunis nouent la conversation aussitôt, à plein de niveaux et dans plein de langues ".
