dominique gonzalez-foerster
atomic park film, 9’, 2004
Atomic Park se situe dans le désert de White Sands, au Nouveau Mexique (USA), non loin de Trinity, le site où eut lieu en juillet 1945 le premier tir expérimental d’une bombe atomique baptisée Gadget, prototype de celle larguée le 9 août de la même année sur Nagasaki... surfeurs de dunes de gypse. Une aire de jeu en forme de désert monochrome blanc, comme un espace d'exposition naturel où la moindre présence, le moindre déplacement, générent différentes interprétations et autant de relectures possibles du cadre. Un parc devenu donc une aire de loisir. Le loisir étant le plus souvent dans l’esprit de Dominique Gonzalez-Foerster une activité en forme de non-activité propre aux régions tropicales. Un loisir non programmé, fait de durée et de vécu, sans que le temps soit compté. Un loisir à prendre comme on prend le temps, comme un remède contre l’ennui. S'ajoute alors à cette image-paysage à peine en mouvement, d’un bout à l’autre ou presque en noir et blanc, comme un écho, comme un cri, comme une crise de nerfs ici écrite par le dramaturge Arthur Miller, un extrait du monologue désespéré et accusateur de Marylin Monroe sur la violence des hommes, violence gratuite, inutile et stupide, des trois cow boys machos incarnés par Clark Gable, Montgoméry Clift et Elie Wallach, dans The Misfits / Les Désaxés, le film de John Huston (1961). Un film avec lequel Huston dresse un réquisitoire amer contre une Amérique qui a dévoyé tous ses mythes : l’Ouest sauvage, la nature indomptée, la liberté pour tous...
