art public le signe d'une époque
Longtemps, la présence de l’art dans l’espace public aura trouvé sa principale raison d’être dans le souci de célébrer des personnages et événements marquants de l’histoire locale. Jusqu’au début des années 80, les élus et urbanistes qui osèrent ajouter une touche de modernité au décor déjà-là de leur cité-musée, jusqu'à perturber l’ordre urbain établi, n’étaient guère nombreux. Aujourd’hui, plus personne ne consteste le fait que les colonnes de Buren font partie de notre patrimoine contemporain. Comme dit Henri-Pierre Jeudy dans sa Critique de l’esthétique urbaine : « Ce qui est décrété publiquement signe de laideur s’impose quelque temps plus tard comme un symbole de la ville, comme le signe patrimonial d’une époque ».
En 1996, lors de son érection à Annemasse, la Porte d’harmonie de Michel Ventrone était loin de faire l’unanimité ; aujourd’hui, cette sculpture est devenue un point de repère collectif, connu et reconnu. En 2006, lorsque Christophe Cuzin repeint de manière décalée la façade orientale de la Villa du Parc, une petite bataille d’Hernani agite le conseil municipal ; deux ans plus tard, la population s’était appropriée cette œuvre, la Ville d’Annemasse a décidé de la conserver durant sept ans. Preuve que la présence de l’art dans l’espace public n’est plus réservée à des œuvres pérennes. Pour la conseiller en matière d’art public, la Ville d’Annemasse a fait de la Villa du Parc un partenaire expert. Karine Vonna, directrice de la Villa du Parc, est également membre de la commission art public de la Ville de Genève pour le programme Néons (www.neons.ch).